• Sabine

Marion Fayolle - la maison nue



« Les auteurs de livres sont des personnes qui acceptent qu’on les pénètre qui ne savent pas se cacher. »

C’est l’histoire d’une maison qui s’effondre, qu’il faut habiter une dernière fois avant de voir les murs, les fenêtres, le sol se briser, dévier de sa base, tanguer et devenir briques cassées, fissures révélées. C’est l’histoire de ce qui ne dit pas, ne se voit pas mais se confronte au quotidien, à la vie, à nos solitudes ordinaires, nos peurs assoiffées d’amour et d’amitié, nos nudités habillées, nos doutes et craintes se dévoiler, d’amours encore et de désamours toujours, de l’autre, du monde, d’un monde mais surtout de soi, ce soi si terrible à exprimer, à affronter.


C’est l’histoire de nos nudités dévoilées, nos paroles sans mot, nos âmes sans texte, nos esprits explorés, nos pas de côtés, nos fils de vies brisés, nos lignes de crêtes désarmées, nos murs-cassures, nos fenêtres dévastées, de ce qui doit être ensevelis pour reconstruire. C’est l’histoire d’une danse, de quelques pas osés dans un monde qu’on ne voit pas, de ce qui est là, nos maladresses, nos courses folles qui se heurtent à nos esprits immobiles, nos je veux mais n’y arrive pas, ne peux pas. C’est l’histoire de vie que l’on connait par cœur, que l’on aimerait différente et qui et là, dans l’attente d’un regard, d’un quart d’heure, d’un film que l’on connait par cœur.


« Si je suis pénible, que je ne suis pas celle que vous voulez, est ce que vous saurez m'aimer quand même ? »

C’est l’histoire d’une maison nue et ceux qui y habitent. Les solitudes. Les âmes perdues. La tristesse. Les tristesses. Les mélancolies. Les ceux qu’on aime. Les ceux qu’on laisse. Les chevaux de briques à qui il faut rendre leur liberté. Les corps habités, habillés, déshabillés. L’attente. Les peurs. C’est l’histoire d’une maison nue qui est remplie de soi, de moi, de toi.


Et c’est extrêmement beau, touchant, fragile. C’est comme une fin, un pas de côté, une danse qui tangue, une union dans les désamours, l’amour et l’amitié, le mélange qui se fait quand les parallèles se brisent, quand les briques se font ciment, liant, quand les fenêtres révèlent les lumières, les êtres, la nudité.


« Je ressaierai si tu veux. Je ressaierai de t’atteindre. […] Mais un jour, il faudrait bien retrouver v[n]os contours »

C’est Marion Fayolle et on aimerait encore une fois que cela dure plus longtemps, juste pour prendre dans ses bras ses 4 personnages de briques et de ciment un peu paumés, un peu de nous, un peu de toi, un peu de moi. Encore pour apprendre à casser, aimer, s’aimer, aimer une maison nue, des corps nus, la nudité des âmes, des vertiges et de ce qu’il faut de fragilités et de courages pour reconstruire, se reconstruire, se lier.


Pour aimer.

Panser nos fêlures, nos blessures.

Aimer ce qu’il n’y a plus à voir.



« On a choisi de veiller la même maison. C’est qu’on se ressemble. »



La maison nue

Marion Fayolle

Editions Magnani

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