Lorenzo Coltellacci, Tamara Tantalo - Comme si c’était arrivé
- Sabine
- 30 nov. 2022
- 2 min de lecture

« C’est toi qui avait raison. « Ne pas s’appartenir pour ne pas se perdre » n’était pas la solution. Mais comme il est vrai que parfois, il est nécessaire de se perdre pour se retrouver, toujours au même point. »
Comme si c’était arrivé. Comme si ce court instant avait duré plus longtemps qu’un été ou des rendez-vous manqués. Comme s’il était encore possible de retrouver l’amour de sa jeunesse, les doux moments, les retrouvailles et désirs, les heures, les plages, les intimités avant les doutes et les incertitudes. La certitude, la tendresse, les possibles, les parce que c’était elle, parce que c’était lui, l’urgence, la croyance aux lendemains et aux après avant de retirer la main, sa main, de ne plus croire, à l’attente, aux peut-être incertains. Comme si le manque, la rudesse des cœurs brisés, l’absence, l’irréalité réalité. Comme ci les cœurs malgré l’automne des jours, la fièvre de l’amour. Entre remords et regrets. Entre je l’aime et je l’ai aimée, entre la fuite et rester. Avant que la vie s’en mêle et n’épargne ni les corps, ni les moments, ni le temps, ni les regrets.
Comme si c’était arrivé.
Une douce et tendre bande dessinée sur les remords et les regrets, sur ces amours qui sont restés les amours, l‘amour d’une vie, le véritable grand amour avant de voir les chemins bifurquer, les quiproquos naitre, les possibles impossibles, les mains se délier, les possessions se perdre.
Le scénario aurait pu tourner au roman-photo ou à un épisode d’une série à l’eau de rose. Mais nul ne sait pourquoi l’amour est ce piment qui donne le gout des jours, le ton du temps, la couleur des cœurs. Nul ne sait qu’il rythme éternellement la vie, ouvre la partition aux comme si, aux regrets et souvenirs.
Lorenzo Cotellacci et Tamara Tantalo utilisent la palette douce des sentiments et des émotions en rendant ce roman graphique à la mine crayonnées, les lettres de noblesse à nos amours inoubliables, à nos déchirures amoureuses et aux années passées. Il n’y a nul sentiment de mièvrerie, juste cette envie de se dire ce fameux «comme si c’était arrivé. » Comme si aimer était ce moment, ce sentiment nécessaire à nos vie, à se laisser aimer, accepte et libérer, comprendre que posséder ce n’est pas gagner, que ne pas posséder c’est peut-être pour ne pas perdre.
Sur ce fond d’une histoire d’amour, il y a l’envie de revenir et se retrouver, de mêler nos histoires, d’un passé, retrouver cet amour, la jeunesse et accepter. Accepter l’histoire, accepte notre historie et la vie, note vie. Celle qui est. et se dire que l’amour, vaille que vaille, ton sur ton, est la seule chose qui à posséder, quitte à ne pas le posséder pour ne pas le perdre.
« On ne peut pas vivre ou faire de l’art sans beauté. […] L’art a ses rythmes et moi aussi. Au final, moi aussi j’attends. »
« Un jour viendra, un regard tranquille mettra de l’ordre et de l’unité dans le laborieux chaos qui commence demain – Cesare Pavese »
J'aime beaucoup ce que tu en dis. C'est beau.
Intéressant ces aplats de jaune dans le crayonné. La grande question du "et si ..."