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  • Photo du rédacteurSabine

Fabien Loris - Album





« Comme il croque il taillade il réassortit »

C'était donc ça le cas Loris, un homme qualifié d'acteur. Ça l'aurait certainement fait rire, lui qui était plutôt du genre à traîner chez les surréalistes dans le sillage expérimental des Man Ray ou de la veine des hara-kiri des Arts Appliqués. Lui c était plutôt le cul qui l'attirait. Du cul, du cul, du cul. L'artiste en aurait eu les couilles gonflées d'ego anarchiste. Du cul mais pas que. Du cul et la vie. Dans sa sensibilité déguisée pour ne pas en mourir.


« l'âpre vent de la mer secoue le port. Et le cœur se tord à t'attendre en vain Les souvenirs des heures oubliées »

Fabien Loris donc.

Paris

Les années folles et après.


Un Paris qui ne s'interdisait rien, s'autorisait tout : des défilés des croix de guerre aux rouges révolutionnaires. L'ivresse armée. Monstruosité et cuisse légère. Loris. L'exploration des mots, de la poésie délicate et débridée, de la photo détournée, l'incursion dans d'un graphisme pop art déco. Un pubeux qui jouait des Arts pour mieux jouer avec la mort, le sexe dégoulinant, l'ironie et la verve, les caricatures corrosives et obscènes. Un poético anar, petit bourgeois réac radical baguenaudant dans un St Germain des Près d'après guerre branché. On n'est pas à une contradiction près. "Libertaire sur un fil barbelé" comme le qualifierait Prévert des décennies après.


Il faut le voir croquer les corps prolétaires, caresser, de son crayon aux excroissances exponentielles, la cuisse légère et débridée d'une femme culbutée, d'une armée à poil. « cul d'abord" » « pax. aux culs morts, prosperity ». Il suture, rééquilibre, sature ses dessins de couleurs d'un rose cramoisi, vinesque, taille sa palette, déflore ses photos, torture lignes et corps, agite le chaos, incise, traque la folie, le laid, le sexe.



Album dessins photos et poèmes sublimés, violences contrastées, un tryptique qu‘on ne peut s’empêcher d’aimer comme on aime la fougue, e qui blesse et pourtant soigne, ce qui lumineux sous les néons fragiles, les lumières basses, et au milieu une sensualité discrète d'une Michelle Morgan 1939, de photos en noir et blanc digne de Hervé Guibert des années plus tard.


Un drôle de zouave ce Fabien Loris. « Artiste » du va t'en foutre, sensible, intransigeant, réac cadavérique, prolétaire de la chair, ripailleur de la gouaille poétique anarchiste, déroutant, innovant, renversant, découpeur de feuilles, de rimes et de mots, colleur désinvolte à l'acidité d'un cœur mort d'attendre en vain un impossible possible, un déclaration d’amour à l’amour d laa vie, à ce qui peut se vivre quitte à mordre, quitte à bruler, quitte à aimer… Encore plus.


« Je te ferai des enfants sublimes de ceux qui marchent de guingois et qui ont le front qui décline jusqu’au sol, et les pieds froids. »


Album

Fabien Loris

L'officine

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