• Sabine

Arthur Fousse - J'ai vu plus d'un plafond bas s'effondrer sous un monde sans ciel





« je me souviens des asiles et des chambres sales. »

Le monde s'effondre et la folie est partout. Que gangrène-t-elle, quelle déraison raisonne ? Où se cache le fil d'un équilibre précaire, d'un utopique fragile, d'un ultime soleil. Les murs qui s'effondrent, laissent place au vide, au cycle, aux dingues de l'asile, de la psychiatrie et à la pensée des borgnes ? Aucune différence. Un monde s'éteint et le ciel se vide, tue l'ennui dans une longue agonie, un entonnoir où la souffrance se digère lentement.


Tout est liquide, l'âme, le cœur, le corps. La honte.


« entre la vie et la mort il n'y a plus de cloison qui vibre. »

La dinguerie sauvage ultime, la folie des cachetons ingurgités, comme on avale l'air pour se sentir en vie repus, fatigués, tricotés de mauvais songes. Qui est le plus fou ? Qui est le plus saint ?


« je suis un trapéziste volant qui donne le change à la peur »


Un titre aura suffit à éveiller mon sang. Un plafond bas, une cloche de verre. La fissure suprême, ultime et finale, l'effondrement d'un monde. Clivage. Sans ciel. Sans espoir. La folie est à chaque coin de ligne. Tout est rien et rien est tout. On rit comme seuls savent rire les fous, vivre, comme seuls les êtres perdus se retrouvent. Monde surréaliste. Vers scandés, coupés au rasoir, l'ego partant en ruine.


« les larmes sont moins trompeuses que la ciguë qu'on coupe quand on pleure. »

La cloche de verre n'est plus. La folie est partout.

Et c'est peut être cela qui est fort. Lorsque les fous gagnent et nous ramènent à la vie.


« on ne visera jamais la mort de tout le soleil, j'attends juste que la vie tourne et qu'enfin les murs s'effondrent. »


(Et si tu veux vraiment lire de la poésie, côtoie les fous, sors des mots dont tu as l'habitude, divague dans l'inconfort et l'espace tenu. Ose te délester de tout, partir de rien... Tu y trouveras des sons, des mots, quelque chose qui te remue et porte. Profondément)



J'ai vu plus d'un plafond bas s'effondrer sous un monde sans ciel

Arthur Fousse

Citadel Road Éditons


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